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Je ne sais plus pour qui j’écris.
J’ai cru pendant longtemps que ma ligne était tracée, enfin… que j’avais prit ma propre pelle pour l’enfoncer de toute mes forces dans la vie afin de tracer mon chemin. Ce sale chemin.
Je l’ai imaginé tôt car on me l’a mit dans la tête, parce qu’il me l’a inséré dans la tête. En papier tassé au fond de la bouche pour pas que je respire.
J’ai établit un code exact de quoi faire, quoi dire, comment agir, quoi penser et tout assumer aux grands éclats de mépris.
Je l’ai suivit parce que s’était ça ou le désert, seul. Parce que s’était ça ou personne, personne qui t’aime.
S’était ça ou le ricanement transpercé à travers le cœur…
Je me suis scindée le corps en deux, mon jugement en sept et j’ai jeté mon sens moral pour fusionner avec tes mots.
J’étais accroupie quand toi, toujours, tu étais debout, courbé au dessus de moi. T’as bouffé mon soleil et j’ai finis par le confondre avec toi.
Tu as finis par tout le manger, le dévorer jusque dans mes yeux.
Ricanements après ricanements, sarcasmes après sarcasmes, critiques après critiques, cris après cris…
Pour bouffer jusqu’au fond de mon orbite et remplacer les nouvelles ténèbres par tes éclats d’horreur.
Parce que tu ne voulais avoir plus que toi, parce que tu t’en fous, parce que c’est mieux pour toi. Toujours.
Tu voulais tes poupées de Schopenhauer1 afin de nous tirer les ficelles, gesticuler les bras pour sourire quand tu ris, se moquer quand tu hais, détester quand tu juges. Pour encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore toujours encore, encore, encore, encore, encore, encore, encore avec n’importe qui, marteler tes monologues crachés au visages.
Tu es arrivé en t’infiltrant dans les larmes des autres pour faire croire que s’était toi qui inventait la pluie. Tu nous as fait croire que tu pouvais l’arrêter quand tu le souhaites.
J’ai grandis, aveugle et j’ai reproduit ton code sans savoir lire. Sans dépasser une seule seconde tes règles. Lorsque j’allais au delà de cet Ordre impossible (car on ne dépasse pas celui qui se pose en dieu pour soi ), mes poings se transformaient en bleus sur mon corps. C’est comme ça qu’on culpabilise en silence.
J’ai voulu être ton disciple pour transmettre ta parole, faire ton hôtel quelque-part partout dans le monde. J’ai raconté tes mensonges du réel pour vendre, comme toi, des étoiles poussiéreuses. Et comme toi j’ai commencé à manger des soleils.
S’était dégoutant.
Je ressemblait à un Frauenstädt2 famélique car déjà, parler avec toi s’était enfiler mon costume de quelqu’un d’autre pour éviter les coups.
J’ai appliqué mot par mot, préceptes par préceptes toute ta liturgie. Auprès de
Mon travail
Mes connaissances
Mes ami.es
Mes amour
Mon existence
Tout.
J’ai été détruite par le travail
J’ai méprisées des connaissances
J’ai perdu.es des ami.es
J’ai blessé.es des amour
J’ai annihilée mon existence
J’ai égarée qui je suis.
J’ai été écrasée à la botte ricanante. J’ai essayé à être ton égal jusqu’à me péter le cœur et celui des autres comme tu m’as expliqué. Je m’accrochai au regard, le tiens, car il n’y avait plus que ça quand il n’y à plus de soleil. J’ai léché le sol devant toi jusqu’à me faire saigner la langue pour que tu m’aimes.
Je cherchais ne serais-ce qu’un salut amical lancé au loin. Même une goûte d’eau crachée au visage.
C’est ce qu’il se passe quand on sculpte ses serviteurs au goût de ses bottes.
J’ai vécu la moitié de ma vie avec la soif en bouche, les craquements de mes lèvres étaient pour moi des curiosités du quotidien. Je scribouillais sur des bouts de parchemins dans l’espoir que toi qui contrôle la pluie, m’en donne un peu si mes mots étaient les bons. Le désert portait ton nom et j’ai cru qu’il se nommait réalité.
Puis un jour je me suis arrêtée net au milieu de nul part pour regarder autour de moi
Le désert à disparut.
Tu sais, quand on marche, on croise d’autres voyageur.ses du monde. Ce que tu voulais. Comme tu me l’as toujours dis quand tu me jetais des étoiles glaireuses. Je vais même te citer : « toi tu devrais parler au gens, c’est important ».
Tu le fais tout le temps les citations, pour remplacer les creux de tes émotions.
Ces explorateur.ices de l’existence, y sont pas comme tu me l’as dis.
S’ont frais ma parole.
Derrière elleux y à des fleurs que j’ai jamais vu qui poussent. C’est un peu comme si un sort de heal leur était posé avec un buff sur la nature. Genre ça te suis au vol un peu comme dans Flower le jeu vidéo. Tu sais le jeu vidéo le putain de truc qui te fais demander ce que je fous de ma vie. Et ces voyageurices quand iels rient ça fait des notes de musiques giga cools. Une musique entrainante. Et on danse avec elleux. Et ça fait boom boom, ça fait bam, ça fait youpi. Et ça ricane pas, ça rit très fort. Et puis on y voit de l’eau et cette eau elle s’appelle juste vivre. Et y a un mega jardin ensuite qui pousse de partout avec des couleur que t’as jamais vu Genre un arc-en-ciel qui se marre tu vois?
Bah non tu vois pas.
Ça c’est mes mots, tu ne les comprends pas. Ils sont sales pour toi parce que dans le fond, ces fleurs dont j’te parle : t’aurais toujours voulu avoir les tiennes. Celle que tout le monde possède. On l’apprend quand on s’intéresse plus de 10 secondes à une personne. Tu va les balayer d’un ricanement planté dans le cœur. Puis tu va dire « c’est de la variété » quand on chante ces trucs populaires et tu va insulter quand ça demande de l’affection. Juste pour jouer ton chaud-froid histoire de conserver la bonne température aride que tu aimes.
C’est plus facile de créer un désert quand on ne sait pas où est son petit jardin. Ça donne l’air d’être quelqu’un de bien si on colle quelques fleurs d’autrui sur son torse et qu’on les brandis bien haut. ça évite qu’on voit à quel point la personne la plus assoiffée : c’est toi.
Assécher les autres, c’est garantir une source intarissable pour sa petite pomme.
Je le vois aujourd’hui ton scotch dégueu qui suinte avec ces fleurs qui n’ont jamais été les tiennes. Tu les gesticules pour faire bien quand on te connais pas et sembler plus grand, beau que ce que tu es. Un peu comme ces monstres des profondeurs qui brandissent un appat pour mieux gober leur proies.
Je les vois aujourd’hui tes manips, tes entourloupes, tes calculs, tes mensonges bien formulés, tes mirages pour continuer à avaler les soleils. Les papiers-citations par centaines que tu enfonces au fond des bouches des autres pour pas, iels aussi, les faire respirer quand tu parles.
Je les vois tes grands gestes pour être encore plus grand et cacher comment tu es rabougris de solitude.
Parfois, quand on comprend un tour de magie, on peut trouver le magicien pathétique. Surtout si c’est avant tout un charlatan.
Aujourd’hui, je suis 16 ans en arrière. Je reprends le départ de qui je suis c’est à dire personne à l’avenir mortel et sans conséquences. Comme tout le monde.
Je remarque mes influences, mes origines, mes codes qui me sont propres et qui appartiennent à tout le monde.
J’accepte l’engrenage inconscient que je suis et ça me va.
Comme tout le monde je suis n’importe qui.
Comme tout le monde je suis heureuse quand j’aime et triste quand je perd
Comme tout le monde je me plante tout le temps et je fais mieux si c’est important pour moi.
Comme beaucoup j’ai peur pour plus tard car plus tard c’est peut-être l’apocalypse.
Comme tout le monde un jour je serais une tombe inconnue ou juste un nom dans un registre et ce registre sera perdu et mes atomes seront avec d’autres atomes comme elles l’ont toujours été.
Et c’est comme ça.
Parce qu’aujourd’hui, j’ai de quoi sentir le petit ruisseau de la joie de tout les jours, la beauté banale des petites nuances des nuages soufflés dans le vent.
La douceur commune d’aimer d’autres personnes tout aussi passagère que moi dans le monde.
Et c’est comme ça . Et je suis heureuse.
Parce que, à la différence de toi.
Quand je serais poussière, dans les décombres de mes cendres.
On y verra des fleurs.
Et ces fleurs, tout le monde s’en foutra, mais elle donneront le sourire à un explorateur/une exploratrice de passage, un chat, un oiseau, une chenille ou même un atome. Je m’en fou je le sais.
On pourra rêver un peu dessus, le temps d’une respiration, d’un soupir, d’un passage.
Alors restes toi à voler les fleurs des autres et te les coller dessus.
Ofet, tu l’as jamais vu. Je te le dis maintenant que je vois enfin le soleil universel de l’existence. Elles sont en plastiques.
Les fleurs des autres ça ne peut pas se voler, ça ne peut que s’imiter.
J’en souris.