💩


    Oh grand puissant au fessu gigantesque.
    Toi qui, quand tu poses ton derrière grandiloquent le monde regarde ton œuvre. Toi qui parles, juges, opinionnes quand personne ne t’interpelle. Toi le dadet au hochet puissant :
    Tu m’emmerde en m’en mettant de partout. J’ai ton odeur qui imbibe mes vêtements, ma peau, mes os. Je te sens parce que tu poses par principe des étrons par devoir, par principe, par valeur, par construction, par éducation, par idéologie, par débat, par soucis de la contradiction, parce que tu ne peux que avoir raison, parce que la vérité est la tiennes. Tu les répands par soucis de cohérence. Par rationalité. Par « liberté d’expression merde à la fin ».


Malgré toi.


    Parce qu’on t’a dit que ton caca il est grand et universel. Parce que quand tu pousses, on te dit bravo. Parce que tu es rationnel, tu as une veine toute bleue sur ton front quand ça bloque. Parce qu’on ne t’a jamais dit qu’il est dérangeant ton trône. Parce que tu t’en fous. Parce que de toute façon « t’es dans ton bon droit ».
Parce que tu as le luxe du temps. Parce qu’on ne questionne pas ton existence quand tu respires. Parce que quand tu dis « j’ai mal » l’humanité  s’arrête rien que pour toi. Parce qu’on te dit « d’accord » et « bien Monsieur » quand tu dis non. Parce qu’on te croit sans te mettre à poil.


Pourtant…


    Si tu observes les détails de ton trône. Il est fait d’ossements de celleux qui te l’ont construit sous la torture.

     Sous tes fesses des mains fatiguées te soutiennent. Elles sont celles des esclaves enchaînées sans choix. Il y a des visages, la bouche ouverte, agonisants, atones car habitués à ce qu’on s’assoie sur elleux. Ils y a des enfants, des vieillard.es, des épuisée.s, des oppressé.es qui ne disent plus rien parce que c’est ce qui se passe quand l’habitude dépasse le dégoût.


    Regarde :
    Les rides entaillées dans le creux de tout ces visages par ta parole.


    Observe :
    Ton importance absurde lorsque parfois tu éternues.


    Entend :
    Les murmures sous tes pieds des torturés souriants.


    Écoute :
    Le craquement de nos os quand tu t’étales sur nos corps recroquevillés.


    N’oublie pas :
    Nos visages racontent des fables merveilleuses. Nos vecus sont des berceuses chantés aux fond des couettes.
Et nos histoires s’impriment dans le cœur des voyageur.ses.


    Les cliquetis des chaînes raisonnent dans le temps.
    Tandis que les odeurs de merdes disparaissent sous terre.


    Un jour nous nous lèverons et ce trône fait de nos mains attrapera ton cou. Elle ne feront pas comme toi, elles ne tueront pas. Elles transformeront les déchets en œuvre d’art.
    Nos murmures seront des hurlements craints des grands dadets comme toi.


Alors une dernière fois.


Tu verras,


Ça sentira la rose blanche.


Tais toi.


Assieds toi avec nous et écoute,


D’autres ont à vivre.


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