BAGARRE


Ecrit en collaboration avec la maison de retraite « les girondines » LYON et la chaîne touiche

Merci sombrale pour la correction et tout.es les participant.es

« — Grumpf, dit-il, BAGARRE ! » Il esquiva un furieux coup de silex.

D’où venait le coup ? Le 17 ne répondait pas. Le fond de la grotte ne captait pas non plus.

« –— Que fou-tu là fils de Mammouth ?

— Je venu récupérer télé7jours, que moi prêter à toi, 7 jours !

— Mais je n’ai pas encore fini de le lire, espèce de sot ! grommela Balthazar tout en évitant un nouveau coup de silex.

— M’en fou, moi, toi avoir dit rendre moi.

— Écoute mon cher ami, je ne veux pas que nous soyons en mauvais termes, mais tu avais dit que j’aurais le droit de le garder quinze jours alors je le garde et cesse donc tes affabulations ridicules, fils d’ancêtre d’éléphant ! » « Grompf » »

Assis sur le magnifique fauteuil « Caillou-rama », un magnifique berger qui ne pouvait pas encore être allemand (il attendait encore ses papiers) à dents de sabre portant le nom de Dick, observait circonspect la scène se déroulant sous ses yeux …

« — Moi vouloir savoir quand commence n’oubliez pas les dinos avec Naguidocus ! 

Balthazar prit le télé7jours en granit massif et le lança au visage de son interlocuteur qui l’esquiva de peu. Il ramassa ensuite le journal tombé au sol, s’apprêta, visa, tendit son bras…

Quand on sonna au rocher.

Balthazar fonça à toute berzingue en direction de la peau d’ours-d’entrée et l’ouvrit avec rage. Il s’écarta, surpris.

« — Il fait chaud chez vous, dit Michel, vous avez de la Cristauxline ? 

Un homme d’environ 18 ans, grand, un nez fin, habillé en tongs en pierre, d’un short et d’un costume d’aviateur en peau de tigre à dent de sabre se faufila devant Balthazar.

— Bonjour, je suis Michel Hicoptère, éminent spécialiste des hélices convexes à circonvolution épidermique à mouvement perpétuel et agent matrimonial à temps partiel le vendredi entre 19h et 17H à la mairie de Issau les Moulineauts. Si je suis ici aujourd’hui avec vous – oh très beau tapis – c’est pour vous proposer les meilleures hélices de chez Airebuste – je l’aurais pas pris comme ça ce papier peint – elles sont solides, résistantes et mondialement reconnues pour leur solidité et leur robustesse. Vous ne trouverez pas mieux ailleurs. Une achetée, la seconde offerte au même prix. »

Étrange, ce Michel Hicoptère… Balthazar était intrigué par ce jeune homme bizarre qui avait l’air sûr de lui.

« — Dites moi, Michel c’est cela ? Il hochait de la tête, le sourire montant jusqu’aux oreilles. Quand vous me dites convexes à circonvolution, vous voulez plutôt parler de mouvement hélicoïdale absolu en sinusoïde utilisant le principe de la thermodynamique en html/CSS ?

— Je vois que j’ai affaire à un connaisseur qui maîtrise son sujet – je n’aurais pas choisi cette coupe de cheveux si j’étais vous mais je ne suis pas vous, car je suis moi – Vous avez l’air aussi intéressé par mes produits au prix qui, je vous le garantis, battent toute la concurrence ! Dites-vous que grâce à la technologie que j’ai mise au point, nous pouvons bâtir le monde de demain ! Pouvez-vous imaginer qu’un jour nous irons dans le ciel parmi les boules jaunes au-dessus de nous ?

— Impossible dit Balthazar, il faudrait multiplier par Pi au carré votre force non conservatrice, tout en utilisant le principe de Pythagore ! Lui c’est mon cousin il est super sympa.

— Non ! Car en trucidant le pignon de l’arbre à transmission de la bielle arrière de la soupape avant, vous pouvez transférer les forces non conservatrices en vecteur trimouvement…

La conversation dura plusieurs minutes. Leurs yeux pétillaient, leurs bras remuaient, leurs paroles se chevauchaient.

— Mais c’est l’idée du millénaire ! Bientôt le monde grâce à l’hélice à circonvolution épidermique permettra de brasser du vent comme jamais ! »

Le sourire de Balthazar dépassait maintenant ses oreilles pour atteindre son front.

Au fond de la grotte, 6 rectangles mis ensemble formant une tête, un tronc, deux jambes et deux bras étaient gravés dans la pierre. Deux yeux grossièrement sculptés étaient ajoutés sur la tête de la gravure ainsi qu’un nez plat et un sourire niais. Ils représentaient Steeve, huissier de profession et maman de Balthazar. Elle lui avait laissé son design de cercueil en gravure dans le fond de grotte comme souvenir. Il permettait à Balthazar de se souvenir de son parent à tout moment. S’était pour Balthazar une décoration de Noël qu’il avait oublié d’enlever. Steeve s’était reconverti sur internet (qui s’appelait intergrotte à l’époque) et partageait son métier de huissier sur les ondes infra-granite. Elle était une fervente défenseresse du droit de saisie et se battait pour empêcher l’interdiction du droit de vol.

C’était une personne gentille qui n’hésitait pas à donner ce qu’elle ne possédait pas.

Cette description n’a rien à voir avec l’histoire ci-présente où Balthazar écoute avec intérêt Michel lui proposer l’invention du millénaire. Nous vous remercions de votre impeccable écoute.

Cordialement, le narrateur.

En dessous de la gravure du fond de la grotte était posé sur le tapis moelleux en mammouth authentique Dick le berger pas encore allemand. Il se leva et se dirigea vers les deux futurs scientifique. Il approcha sa truffe des sandales de Michel. Il les humecta attentivement. Il se déplaça ensuite sur le coté, leva doucement sa patte. Puis, il prit un air satisfait. Prit une légère inspiration et se soulagea. Il secoua énergiquement son arrière-train et reposa sa pâte arrière. Il se dressa fièrement sur ses pattes postérieures et se mit face aux deux comparses qui s’arrêtèrent de débattre – stupéfaits.

Il s’adressa fièrement à son maître avec un fort accent qui n’était pas encore allemand :

« — té mon bon, chai pas pu résssisté une foi. C’est la grôle de l’aut qui sent bon l’tracteur. ».

— Tiens, il parle lui » dit Baltazar

Michel, quant à lui, était ravis.

—  Je suis fier d’être bourguignon… Euh pardon. Je suis fier de rencontrer un chien qui s’exprime. Il sera, je peux l’affirmer, la clé de voûte de mon invention. »

Les deux inventeurs épatants se serrèrent la main énergiquement. Leurs visages étaient épanouis.

Baltazar et Michel accompagné de Dick, le berger pas encore allemand, firent de ce pas leurs valises de guerre en peau de tricératops. Il les remplirent du nécessaire de toilette : after-shave, brosse à dent en poil de chimpanzé etc.. et se dirigèrent vers la sortie.

Au dehors de la grotte il faisait un peu froid même si il ne faisait pas aussi glacial à l’accoutumé. On était en plein refroidissement climatique et pourtant le temps était bon. Était-ce le fait qu’il n’y avait aucun nuage dans le ciel ou était-ce la compagnie de Michel qui réchauffait l’atmosphère ? Balthazar se le demanda intérieurement.

Ils marchaient côte à côte et enthousiastes comme jamais en direction de la gare la plus proche pour prendre le Tyrannosaure à Grande Vitesse qui leur permettrait de parcourir de longues distances en seulement quelques heures. Ils n’avaient aucun but précis, aucune destination mais nos deux comparses savaient qu’ils trouveraient le bon chemin pour atteindre leurs rêves.

Au terme d’une dizaine de minutes de marche, ils arrivèrent à la gare. En entrant sous la grande voûte de pierre, le trio fut stupéfait. Devant eux se tenait de nombreux TGV portant des gilets fluorescent en poil de bisons. Ils tenaient de lourdes pancartes de pierre, avec pour gravure : Cro-Magnon démission.

C’est Dick le berger pas encore allemand qui prit la parole en premier. Il s’approcha d’un TGV portant un gilet de couleur rouge. Il semblait être le représentant de la Confédération générale des T-rex écrit au pigment blanc à base de craie :

« — Scu’sez moi mon brâve ? Qu’est-ce qui se passe ici? y’ a ben de l’agitation une fois !

Michel venait de s’approcher de quelques pas :

— Mais nous devons parcourir le monde pour changer celui-là…

— J’ai dit pas de départ tant que nos revendications ne seront pas entendu. »

Déçu. Michel se dirigea vers la sortie suivi de Dick et de Balthazar. Il s’assit sur le perron de la gare et fixa le sol.

« — Michel, ne t’en fais pas ce n’est pas si grave nous allons trouver une autre solution.

— Je sais bien mais j’étais si enthousiaste à l’idée de prendre le TGV que je suis assez déçu.

Balthazar mit la main sur l’épaule de son nouvel ami. Il le regarda dans les yeux et lui offrit un doux sourire tendre. Il lui promit qu’ils trouveraient un autre moyen de locomotion.

Dick qui était un fin observateur vit au loin un homme en train de nourrir des Raptors qui portait une tenue disons pour le moins… anachronique. Il trottina vers lui. :

— « S’tune drôle de tenu, qu’ils ont là vos raptors !

— Oh ça, ce ne sont pas de simple raptor ! Ce sont mes Vélos-Scie-Raptors Supersoniques à vapeur de l’agence « D-E-ligence, Vapetor ». Grâce à eux le monde est petit ! Je suis Raymond Poulidor et je suis le fondateur. Vous souhaitez aller quelque part ? 

Dick flaira le bon plan. Il demanda à Raymond de patienter et fonça chercher Michel et Balthazar qui accoururent de ce pas.

  — Je peux vous garantir que vous ne regrettez pas votre voyage messieurs ! » dit Raymond en harnachant les quatre raptors se prénommant respectivement Riri, Fifi, Loulou et François-Xavier duc des dents de sabre du terroir de Philibert troisième du nom. »

— La diligence se mit alors à avancer dans un nuage de vapeur, faisant un bruit de tous les diables tout en prenant rapidement de la vitesse. Michel avait retrouvé le sourire et Balthazar en était ravi, Dick quant à lui était assis à côté de Raymond en lui posant moult questions sur le fonctionnement des raptors. Les raptors eux, mettaient un bâton dans leur gueule et prenaient de grandes bouffées. De la vapeur en émanaient.

Leur voyage les menèrent ensuite dans les différentes contrées du monde, changeant de direction à chaque fois qu’ils atteignaient le bout de celle-ci et riant systématiquement des pseudos scientifiques qui croyait que la planète était ronde.

Durant leur périple, ils rencontrèrent de nombreuse personnes formidable, toutes intéressées par le projet de Michel et Balthazar. Surtout ce fameux Léonard Vingt-Six qui, tout comme Michel était un visionnaire.

Lors d’une halte, Dick le berger pas encore allemand s’approcha lentement de Balthazar qui riait aux éclats avec son ami Michel. Il fallait qu’il lui parle, ça semblait important…

« — Balthazar, j’peux t’parler une fois ?

— Qu’est ce qui se passe Dick ? tout va bien, pourquoi portes-tu cette tenue ?

— J’suis désolé mais j’me sens pas t’à fait moi-même, t’vois ?! Faut qu’je parte, parce que j’ai besoin de savoir qui je suis vraiment, t’comprend ?

— Dick, bien sûr que je comprend. Je ne vais pas te mentir en disant que je ne suis pas triste de te voir partir mais si tu penses que c’est le mieux pour toi. Je n’ai pas mon mot à dire.

— C’n’est pas un adieu, s’juste un aur’voir, on se reverra pour sur. Faut savoir d’où on vient pour savoir où qu’on va ! »

L’homme et son fidèle compagnon s’étreignirent. Le chien cachant ses larmes dans un sourire, monta sur une Stego-Davidson qu’il avait louée. Il enfila son casque de granit le visage tourné vers le bas. Et, faisant un geste de la patte, il partit en jetant un dernier regard dans le Rétro-gaussaure pour garder l’image de son ami avant son long voyage introspectif.

Assis au coin du feu Raymond et Michel écoutèrent Balthazar contant les différentes aventures qu’ils avaient vécu avec son fidèle acolyte à quatre pattes. Après de longues heures, tous partirent se coucher. Balthazar un peu triste mais surtout très heureux pour son ami, s’endormit le cœur léger de n’avoir pas retenu son chien. Il savait qu’il allait finir par trouver sa propre identité.

Le voyages du duo intrépide les conduisit dans chaque recoin du monde. Ils faisaient des rencontres formidables.

Cela prit des années mais d’un commun accord, Michel et Balthazar décidèrent de rentrer à la maison. Ils demandèrent conjointement à Raymond de les conduire au 6 rue Julie Lascaux pour qu’ils puissent enfin se reposer. Même si le voyage fut passionnant il fut tout aussi éreintant.

Après un chaleureux aurevoir avec leur nouvel ami qui disparût dans un nuage de vapeur, les deux comparses se tenaient devant la peau-d’ours d’entrée. La porte n’avait pas été entretenu depuis si longtemps…

D’un pas commun, ils se dirigèrent ensemble vers la Grotte qui aurait à compter de ce jour un nouvel occupant permanent.

Alors qu’ils s’apprêtaient à ouvrir la porte, ils furent tout deux interrompu par un bruit assourdissant. Ils se retournèrent en même temps et virent, assis sur une Stego-Davidson flambant neuve un beau berger devenu Allemand portant des lunettes de soleil.

Le sourire jusqu’aux oreilles, il leva sa patte en leur disant joyeusement:

« — Meine lieben amis, que je suis content auf ein Wiedersehen ein lichen Dass bitt grosse Gürckel! ».

Ils se prirent dans les bras, la joie réchauffait le cœur de nos trois comparses. Dick avait enfin ses papiers.

Ils rentrèrent puis s’installèrent tous en même temps dans la maison pour prendre un repos bien mérité. De très longues années s’écoulèrent et dans une tablette gravé du fin des fonds des âges on pouvait lire l’histoire de deux vaillant visionnaire qui avaient fait le tour du monde pour changer la face de celui-là, avec pour seul objectif de départ d’accomplir le rêve de voler parmi les étoiles grâce aux hélices de Michel Hicoptère. Hélice qui de nos jours permettent encore de parcourir l’immensité du monde, et ce sans qu’aucune frontière ne vienne leur barrer la route .

Balthazar et Michel vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfant.

FIN


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