Si tu souhaites l’audio c’est ici : https://youtu.be/dkOJ-DqL28w
Mesdames messieurs, bienvenue à la chronique d’un ennuyé joyeux. Chronique toujours désabusé, toujours épuisé, qui affirme affirme ,car affirmer c’est exister et quand on existe c’est bien, c’est beau, ça permet d’étaler ses jambes et d’éternuer sans dire pardon.
Chronique qui ne croit en rien car trop occupé à douter de tout, chronique toujours imprécise toujours véritable qui en dit trop, toujours trop pour aboutir à pas grand chose.
Mesdames messieurs, l’heure Est grave. Je ne comprends rien.
J’étais à mon aise en train de contempler mon ennui dans les poussières de mon plafond, le corps détendu et la tête tirée dans ses réflexions. Je levais mon petit doigt en buvant du jus de nuance tout en lisant, le sourire au lèvre, mes amis vivants en dehors du temps.
Je fus interrompu soudainement par la vie. Javais beau ignorer ses appels à coup d’imaginations forcenés, elle ne cessait de toquer à ma porte de manière frénétique avant de franchement la défoncer.
Elle est comme ça la vie. Elle est cet ami un peu trop collant qui tappele à 2h de matin pour savoir si ça va. Elle te surprends dans tes égarement pour te ramener à terre d’une baffe bien placée. Elle est comme ça la vie. Surprenante et agressive comme une relation toxique non voulue… Elle t’éclate la gueule pour te dire bonjour et te racle la tronche à la truelle pour te dire « apprend ».
J’aurais aimer l’esquiver la vie. J’aurais aimé qu’elle me laisse tranquille mais elle me colla jusqu’au corps. Elle me suivit jusque dans mes poumons pour contrôler l’air que je respirais. Elle en voulue à ma tranquillité pour en faire une bouillie et me força à la manger en appelant ça « expérience ».
J’étais allongé dans mon lit sale d’indifférence et je lisais mes livres emplies d’images à moi. Je me savais libre dans la prison que j’avais construite dans ma tête.
Personne ne pouvait m’atteindre ! J’étais si bien. Les barreaux étaient en sucre et le sol en chamallow. Il sentait bon la fraise, le chocolat chaud et les Schproums bleus qui piquent. Je m’amusais parfois à jeter un oeil furtif vers la lucarne du plafond pour deviner les étoiles.
Mais les murs s’effondraient arrachés par pans entier, je voyais la vie derrière toute baveuse, le sourire sadique. Elle tenait dans sa main sa masse faite en réalité. Elle me dit que si elle détruisit mes murs, c’était pour me montrer le dehors.
Des poubelles se bousculèrent une à une dans mon chez moi.
Je vis autour de ma cellule. Il n’y avait que de la boue et des déchets. Je vis la crasse s’étaler et les détritus salir mon sol, mon lit, tout.
Et la vie me dit de m’en occuper.
J’étais assis à vivre mon monde quand celui de la réalité vint briser le miens.
Mes bonbons ont maintenant le goûts de l’effort
Le sucre celui du diabète
La fraise sent le chimique et le chocolat l’odeur du travailleur sous payé.
Je me souviens la première fois que je t’ai vue la vie.
J’avais 0 ans. J’étais tranquillement dans le ventre de ma mère en train de siroter mon jus de placenta grand cru 1994 quand on vint m’obliger à quitter mon logement.
Elle était déjà là pour m’appeler à vivre.
Comme un soldat je reçu mon avis d’existence : « Mr plop, vous êtes appelés ce 2 janvier 1994 à servir le monde et à exister au sein d’un univers inconnu, illégal, dangereux, violent, injuste, misérable, grossier, puant pour votre Plaisir. Le service d’engagement à exister n’est pas responsable en cas de plainte, gémissements, cris, larmes.
Pour la vie nom de dieu ».
Et je dû sortir, déchirant le col de ma mère avec ma tête éclatée. Plongé dans le sang, la merde et les hurlements de douleurs. J’ai dû prendre ma première respiration. Respiration Obligatoire car inscrit sur le contrat d’existence. on m’applaudit pour fêter ma première souffrance.
Plus tard je devrais apprendre qu’on ne peut pleurer que quand c’est justifié et qu’on ne peut sourire que quand ça n’est pas gênant.
On me mit là puis on me dit. Aller vis tu verras c’est sympa… Ne t’occupes pas des trois qui agonisent au fond, de la mouche qu’on écrase, de l’insecte qui chasse, du chat qui joue avec la souris, de la vache qu’on égorge, du chien qui mord, du mendiant qui quémande, de l’étranger qu’on tabasse, des deux tours qui explosent, du monde qui brûle, du journaliste qu’on exécute, des innocents qu’on bombardent, de la femme qu’on viol, de l’enfant qu’on assassine, de la mère démente, du père qui ment, des parents qui hurlent, ça ce ne sont que des détails. Regarde, la vie est belle et maintenant ce monde il est pour toi.
Et j’ai aimé car on ne peut apprécier que ce que l’on te donne… Comme un affamé auprès de qui on jette du pain pour lui dire.. « tiens… Vis! »
Puis le contrat de vie te fais grandir. On te dis que tu peux frapper les bizarres du moment qu’ils te semblent différents. La vie te donne une apparence et t’explique que c’est comme ça que tu seras vu.. Si on te déteste c’est normal, si tu as des privilèges, c’est normal, si tu es rejeté c’est normal…. Si tu es invisible c’est normal… Même… c’est de ta faute car… « C’est la vie ».
On veut te donner un avenir que tu ne souhaites pas mais on te force à en choisir un. C’est important de le choisir l’avenir. Ça fait de toi un grand « qui sait ».
Pour qu’on te laisse tranquille tu réponds ce qu’ils veulent mais tu sens que ça ne suffit pas. Ils veulent que tu y crois à ton avenir. Ils veulent que tu lui mette des paillettes, des fleurs, des roses blanches et des lylas.
Toi tu es assis sur ta chaise, tu tournes la tête vers la fenêtre. Ton plaisir, c’est de regarder les nuages pour y voir des bonhommes.
Quand tu dis « moi, plus tard, je veux regarder ! » On rit de toi et on t’explique que ça n’est pas ceux qui regardent qui font le monde, mais ceux qui bougent. Déçu, tu gardes l’image du nuage dans ton cœur et tu te débrouilles pour regarder discrètement le ciel quand personne ne t’observes car tu as compris qu’observer c’est déranger.
Plus tard on te dis qu’il faut partir pour attraper l’autonomie, c’est à dire celle d’être un esclave libre. Tes parents regardent Béa celui qu’ils ont voulu que tu deviennes et ils sont fier. Sinon tu les déçois et tu as ta vie pour espérer rattraper ou transformer l’image perdue de toi en cherchant dans les parcelles de ta culpabilité les poussières de ton mal-être.
Tu te rappelles un peu du nuage mais tu comprends que si tu le regardes, la vie prendra soin de piétiner ton ciel pour y mettre un contrat de travail, des études, un couple, des factures, des courses, du ménage, de la cuisine et du coinçage d’orteil dans l’angle de porte. Tu comprends que la vie elle te garde pour s’assurer que ton ciel n’existe pas trop. D’un apparent ami elle devient ton tortionnaire affectueux.
Un peu gêné tu y crois et tu essayes. Tu tentes de frapper comme tout le monde. Tu tentes de faire au mieux en cassant la gueule du restes. Tu rencontres d’autres mondes – c’est à dire des gens – et tu tente de partager le tiens. Tu remarques vite que peu ont gardés leurs nuages car pour eux, le ciel n’a plus de couleurs. Ils ont prit goût à la boue qui les asphyxie. Bientôt leur peau jaunie et leurs yeux se ternissent. Ils bavent comme les marketeux et disent des mots comme « projet » , « valeur travail », « merite » et « j’ai pas le temps ».
Comme dit Céline tu remarques qu’entre eux et toi il y à la vie.
Tu remarques qu’il font ce qu’ils ont apprit. Il piétinent, écrasent, affirment, jurent, détruisent, explosent, agressent, frappent, violent, tuent, et appellent ça « raison », « valeurs », « morale », »croyance » « nécessité », »légitimité »., « Droit », « idéal ». Ils te tendent un couteau et te disent. « Tu sais, c’est important de planter une âme de temps en temps. Tu sais le monde il évolue, c’est ton droit ».
Et tu restes là, horrifié. À choisir entre l’exécution ou le crime.
Tu finis comme tout le monde, a arracher la gueule du reste avec tes fracassantes certitudes acquises. La masse de réalité est maintenant dans ta main et tu viens percuter et chasser les observateurs de nuages. Tu dis « c’est comme ça » et « faut bien vivre ».
Et si tu cries, tu verras la vitre insonorisée qui sépare les hommes. Tu entendras l’écho raisonner dans l’ombre du vide. Tes hurlements seront de nouveaux obus et de nouvelles sous munitions utilisés pour imploser les nouveaux et anciens mondes et assassiner cielleux restés debout. Le ciel pour toi est devenu un gris sombre immense sans nuances.
Enfin reposé de tes délits, la vie vient ensuite attaquer ton corps usé par le temps et le remord. Elle te fait sentir jusque dans tes os l’usure du monde pour te remercier d’avoir été son soldat. Cancer, maladie, parasites suceront ton quotidien. Bientôt sur la fin, la vie te susurra à l’oreille que tout est bientôt finit. Il te restera l’agonie en bouquet final. On tamponnera « merci » écrit sans convictions sur la feuille de l’oubli pour faire bien et le silence du temps te feras disparaître dans le bruit du monde… La vie seras déjà passée à d’autres, prête à signer de nouveau contrat d’existence, paré à apprendre comment utiliser une masse…
Tu sais madame la vie, monsieur le monde et les autres.
Desfois, on vous dis non. Ça n’est pas qu’on vous aime pas. On veut du calme. Loin de vos gesticulations obligatoires.
Quelques minutes.
Sans vous.
Donnez nous un placard noir où nous pourrons inventer nos nuages, colorer notre ciels d’étoiles infinies. On ne vous dérangera pas.
Laissez-nous le temps de retrouver nos bonhommes dans les galaxies et faire de nos univers des arc-en-ciel de paradis.
On ne vous dérangera pas.
Laissez nous retrouver nos danses et nos chorégraphies. Laissez nous transcender le plaisir en créations souriantes.
On ne vous dérangera pas.
Vous pourrez continuer à changer au nom de vos idées. Vous pourrez sans nous construire vos tours pour les détruire ensuite.
Acceptez que pour le temps de quelques images dans nos têtes, vôtre massacre, nous en voulons pas.
Comprenez que le temps d’un soupir, il existe le beau, loin, tranquille où sommeil l’inconséquence.
Nous ne nous suiciderons pas car mourir c’est encore agir et nous ne voulons plus vous ressembler.
Acceptez notre pas de côté.
Celui du survivant.
Qui recherche la paix.
A toi qui regardes, toi qui subis, toi qui souffres trouves tes nuages, invente tes couleurs. Elle seront plus belles que tout.
Garde ce sourire, laisse couler ces larmes.
Ce monde, c’est ta vie, c’est toi.