Chronique d’un fatigué joyeux : Gloire à l’imposture


Chronique retrouvable en audio ici : https://youtu.be/oJJAsG2t9tc

Bonjour et bienvenue à la chronique d’un ennuyé joyeux, chronique toujours fatiguée, toujours épuisée mais qui parle, parle parle car quand on parle on existe, quand on parle on est content et quand on parle on finit sur twitter et twitter c’est bien, c’est beau, ça rend l’humain beau et ici, nous aimons l’humanité. Chronique qui utilise le doute comme arme, comme lance pierre, comme caillou, comme simple fouet indolore car personne ne s ‘écoute. Chronique qui doute de tout, qui le crie, qui le hurle et en fait une symphonie pour sourd tout aussi fatigués que moi.

Mes amis car vous l’êtes déjà, l’heure est grave. Je ne comprends rien.

La semaine dernière j’étais comme à ma grande habitude, occupé à compter avec précision les rainures de mon plafond. J’inspectais mon épuisement dans ses moindres recoins et trouvais dans le délice de mon rien de quoi étaler mon vide. Je reçu un message de Meshrow me proposant de venir élucubrer une chronique dans mon vos oreilles juvéniles au goût de jeunesse tendre et rebelle.

Dans ma vie au quotidien, je suis de ceux qui préfèrent les angles, les petits coins sombres où je laisse les autres prendre la parole. Je suis de ceux qui ont des yeux qui dépassent de leur tête et qui regardent comme une vigie le monde qui les entoure. Ma voix qui est dans ma tête m’accompagne tout les jours. Elle fait ses petits tour de quartier intérieur en prenant soin de ne jamais dépasser le carcan de mes lèvres. Je préfère le silence qui observe à la parole qui agis. Cette parole raisonne au fond de moi. Elle me perd pour partir plus loin qu’ici. Car ici, souvent, c’est moche, ça sent le travailleur, le «capitaine j’ai des projets de vie », le « le secret c’est la volonté ». Le « je suis une grosse merde mais…. »Et ça ne me plaît pas. La plupart du temps vous savez, je fuis.

Je parle rarement quand je sors. Je suis celui qui fuis où lorsque cela est impossible, s’enterre profondément dans les enraille de son petit monde. Je construis avec mes propres petits bouts de boit des châteaux gigantesques au peintures inconnues que seul moi peut voir.

De dehors, on y voit une forteresse impénétrable et imposante. Elle semble se dresser contre tout les vents, infaillible et puissante !

On est certes impressionné par se paravent. On est peut être exalté, surprit, admiratif.

Or, derrière ce paravent, on ne voit que du carton. Les soudures sont en tissu, cousues à la va vite sans grande cohérence. Le trame est abîmée et les jointures sont branlantes. La moindre brise ébranle la structure complète.

Caché. En dessous, en tout petit, on y remarque un petit point, sombre, minuscule, seul qui essaye de marmonner, là… Il chuchote dans un râle continue. Ce petit truc, c’est ce que j’appelle moi.

Imaginez ma tétanie quand j’ai appris que j’étais convier à faire une chronique ! Moi ! Le rien qui parle à vous les autres qui écoutez ! Qui-suis-je par rapport à vous pour avoir le droit de parler ici ? Quel est ma légitimité à baragouiner du bouzin par paquet d’incohérence. Moi poussière égarée inconnue de tous que fait-il que ma parole est plus forte que la votre. Quel sont les filaments qui me manient et font que ma marionnette sociale soit plus belle que la votre ?

Je me sens imposteur.

Je ne parle pas de cette imposture des aristocrates et bourgeoises décriée par Larochefoucault ou Chamfort, ni cette imposture de statut décrite par Léopardi ni ces imposteurs qui nous affirment que la terre est plate. Non, je parle d’une imposture plus profonde, plus intense qui se lie à nos os pour nous poursuivre jusque dans nos sourires. Elle me mange le fond du fondement à chaque fois que je prends la parole et nous achèvent à coup de dévalorisation et dépression.

Cette imposture est émotionnelle.

Elle me fait croire, j’insiste sur le terme, que je suis invalide, illégitime en tout, compétent en rien. Et je suis éprit d’elle.

Lorsque j’ouvre mon téléphone, lorsque je vais sur n’importe quel réseau. Je vois la perfection partout. Des corps magiques, des artistes fulgurants, des artisans minutieux. Je vois ces héros qui renversent des régimes. Je vois ces militants qui hurlent de tout leur poumon pour transformer le monde. Je n’ai pas fais d’études, je n’ai pas mon bac. Je dis bordel de merde au lieu de dire zut. Je n’ai fais que des petits boulots. J’ai un amour de la littérature qui correspond uniquement à mes goûts. Je n’ai pas d’aventure incroyable à raconter. Je ne voyage pas je n’aime pas ça. Je n’ai pas d’animal de compagnie. Je ne manifeste pas car le monde me fait peur. Je ne milite pas car je ne sais pas me battre ni même me lever le matin.

Même les institut de sondages auquel j’ai voulu participer ne sont pas intéressés par mon profil (histoire vrai). Même là assis autour de ces écrivains et penseurs fin se pose intrinsèquement une comparaison. Je suis là comme tout le monde à contempler ma merde banale et me dire qu’elle n’a pas grande valeur.

Quand je regarde ma vie, je me lève le matin de mon lit banal pour prendre mon café banal avec un déjeuner fade aux produits chimiques banals dans mon appartement banal. Je m’assois sur ma chaise banale achetée d’occasion auprès d’une étudiante toute aussi banale que moi. J’insulte ses grands morts la vie quand je me cogne et je pleure quand on me quitte. Comme tout le monde, j’ai aidé des hommes et j’en ai détruits d’autres. Comme tout le monde j’espère que tout ira mieux tout en niant le pire. Comme vous je ne suis pas un héro. Je n’ai pas sauvé le monde. J’ai aidé des gens comme j’en ai malmené d’autres. Je ne suis pas un héro.

Comme vous peut-être, je me demande ce que je fou là quand je suis assis, pensif, sur la cuvette de mes wc. En d’autre terme pour parler comme ceux qui nous gouvernent. Je fais partit de ceux qui ne sont rien.

Ainsi, quand je me retrouve à créer comme à l’instant ou sur internet lorsqu’un sujet me touche et je souhaite l’approfondir pour en parler. Le premier mot qui me vient est « imposteur ». Imposteur car j’ai de quoi comparer. Imposteur car je n’ai aucune assise de ce qu’on appel légitime pour donner une force à ma parole. Imposteur car je ne suis pas capable de militer.

Je ne suis personne et je parle.

Je suis dans le siècle de l’imposture car, formé comme je suis à me comparer,à entendre que je devrais être mieux et à pourchasser la perfection. Critiqué de partout car j’aurais dû être ainsi ou me comporter comme cela. Je me convainc que le mieux est partout. Je m’enferme dans une inaction idiote qui me pétrifie puis je me persuade que mes actions ont une valeur misérable et ne possède aucune légitimité. La peur me rend plus petit que je le suis déjà. Et mécaniquement, je me dis être un imposteur.

Je me retrouve un peu con à modifier ma perception pour être en permanence autre chose que ce que je fais pour faire taire la haine qui m’entoure.

Alors toi qui m’écoute et moi, nous nous retrouvons à nous regarder dans le blanc de l’œil un peu méfiant à nous demander ce que l’autre à de plus.

On se juge car on oubli qui on est.

C’est bête d’être un peu con non ?

On se retrouve à se juger sans se connaître car notre barème de légitimité nous éblouit. On le brandit comme une feuille sacrée avec ses lois immuables inscrites dessus. Nous oublions le propos et nous concentrons sur le pédigré. Pour parler comme les religieux de notre époque : nous regardons le C.V au lieu de s’intéresser à la personne. Nous partons chacun dans notre coin un peu plus énervé, un peu plus aigrit le tweet assassin dans la main.

Je me dis une chose simple, bête, enfantine. Et si pour une fois on se regardait dans les yeux et se posait cette question ? Et toi c’est quoi ta vie ?

Je ne pose pas cette question pour juger mais pour te considérer. Et toi, là, les fesses je l’espère au chaud : Comment se passe ta vie ? Quels sont tes problèmes ?

Je me fou de savoir si tu es un imposteur je veux simplement savoir qui tu es.

Peut-être que l’on s’entendrait mieux et je ne passerais pas ces 10 minutes à vous dire que j’ai une raison d’être tout là aussi illégitime et imposteur que je suis. Peut-être que cela mettra un peu fin à la spirale de haine qui nous suit depuis des siècles.

Si je suis là, c’est pour pour montrer que même un muet à un droit de parole.

Alors tout simple

Prenons une feuille, un crayon

Et soyons les plus beaux imposteurs qu’il nous est possible d’être.

On a tous nos mondes à décrire.

Aurevoir


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