C’est étrange quand on pense aux morceaux de notre vie. On les regarde lorsque la vie vient nous donner un peu d’air. Porcelaine que nous étions nous nous reconnaissons dans ces débris. Ce sont les bribes de nous-même. Nous les regardons s’agiter encore et faire des sursauts.
On appelle ça « vie ».
Ces morceaux sont parfois tranchants aux formes rigolotes, petits, un peu plus gros. On les regarde en se rappelant le tout que cela représentait.
Ce vide entre ces débris créée une forme étrange de souffrance et de plaisir. Cela n’est pas un ressentit physique comme un coup dans l’estomac, mais une reconnaissance du vide qui nous entoure. Même si cette structure devait former un tout, entre ce tout il n’y à que le vide.
Et ce rien nous ronge comme nous fascine. Il nous transporte et nous déforme. Nous l’aimons car dans ce rien il y à le repos. Il est rassurant car reposant. Il fait souffrir car il pose le manque comme ligne directrice. On s’y attache par lassitude… par habitude…par envie…
Enfin je suppose du peu que je connaisse de toi que tu le sais déjà. On aime égoistement les ramasser quitte à se faire couper un peu les doigts car ces débris… c’est nous.
Et par instant, lorsque le hasard d’une vie fait se croiser ces êtres aux brisures similaire. Il arrive qu’une magie incertaine vienne rassembler quelques un de ces bouts perdus dans l’espace et le temps. Ils se rassemblent liés par une sorte d’électromagnétisme que la science n’a pas encore découvert.
Ces petits bouts, ces morceaux de nous. Je les ais longtemps regardé avec mépris. Je me suis dis qu’ils ne valaient que de l’ignorance. Il prenaient la poussière car à quoi bon s’occuper de ce qui est cassé. Je les ais ignorés car qui veut s’intéresser à des débris ?
Pourtant, pendant le temps d’une petite journée, ces débris m’ont intéressés. En les observant, je les ais sentis dirigés vers une direction et un sens unique. Ils se dirigeait vers un même centre. Ils n’étaient pas déterminé mais je les sentais unis. Ils étaient peut-être en train de se recoller, de résonner ensemble… Je les voyais prendre de nouvelles formes au allures plus douces et plus harmonieuses. Les fragments tranchants devenaient des idées nouvelles, les bouts rigolos des éclats de rire, les petits de grandes émotions, les plus gros des pièces magnifiques…
Tout est flou, tout est confus depuis avant hier. Je ressens un immense flot m’envahir. Je sens mes doigts qui tapent sur ce clavier, je sens le chaud de mon corps, je sens les particule de mon cerveau. Toute ces petites sensations reviennent carillonner auprès de mes oreilles. Et… comparé au passé… à avant ma fuite. Je les regarde et je les apprécie. Elles me susurrent amicalement que le beau peut se parler. Ça n’est pas une beauté vulgaire qui se prends au mot. Ce n’est pas non plus une beauté plastique à laquelle on attache son regard le temps d’un passage. Non. C’est une beauté de sensations. Un chaud organique qui prends mon corps et en fait des paillettes.
Pas des paillettes.. Les paillettes font éternuer et j’aime pas éternuer
Ces sensations font plutôt de petits feux d’artifices. C’est bien ça. Et je peux les toucher sans me brûler. Ils sont rouges, bleus, verts, roses, blancs, noirs, transparents et je peux sauter avec eux. Je peux partir dans le ciel et voir le monde d’en bas avec un sourire tranquille. Rien ne m’en empêche. Je me sens libre avec ces sensations. Je sens que les artificiers qui les empêchaient de décoller sont partit. Je peux exploser de toute ces couleurs en ayant la forme que je souhaite. Les feux ont pu s’envoler avec moi à leurs cotés. Nous sommes heureux de faire pfouit, plouf, bam et même pouet. De nouveaux nuages se forment et je peux me balader avec eux… Apaisé.
On pourrait me demander ce qu’il s’est passé. Comment un tel feu à pu partir, par quelle sorcellerie il est dorénavant possible de voir mon feu interne. Ça n’est pas de la magie, il n’y à aucune farce et aucun trucage. Il n’y à pas d’effets spéciaux.
Il n’y à même pas de mensonges.
Tout s’explique en un simple échange entre deux petits pots de porcelaine brisés qui se sont fait vibrer en l’espace d’une journée.
En l’espace d’une journée, ils ont oubliés leurs boîte, leurs prison, le temps et le reste pour se perdre dans le regard et les mots.
Ils ont pu prendre la clé de leur cage et l’ouvrir le temps d’un soupir.
Ils ont pu parler d’eux sans se faire interrompre par le monde.
Ils ont pu voir les autres et en rire un peu sans se soucier que tout recommence.
Ils n’ont pas oubliés, non.
Ils se sont envolés et ont vu comment tout est petit vu d’en haut.
Ils ont goûtés la saveur de la paix.
De mon coté, j’ai eu la sensation étrange d’avoir en face de moi une porcelaine qui brillait d’ une manière proche de la mienne. Dans l’existence paradoxale qui nous consume, j’ai trouvé en l’espace de quelques heure un regard qui se rapproche du mien. Tout est encore brumeux dans ce que je sais. Mais il est certain que j’ai pu avoir sur le bout de ma langue asséché par la vie une fraîcheur inattendue. Il y avait un bout de « moi aussi » et un morceau de « tout pareil ».
C’est si étrange de savoir que le monde possède dans son hasard des regards qui se ressemblent. J’en suis stupéfait et surpris. Comme lorsqu’on se retrouve ahurit après une nouvelle à laquelle on ne s’attendait pas.
Et puis il y à ce souvenir…
Ce moment où lorsque nos morceaux discutaient de nos vie. Je vis un regard, le tiens parler tout doucement de sa vie. Tu pris le temps d’y ressentir un peu. Je vis tes yeux s’embrumer et devenir flous. Il y eu un petit silence sur l’horreur que fut un passé trouble. Tu me regarda avec ces yeux expressifs droit dans les miens. Puis tu me dis d’une voix un peu tremblante et toujours aussi douce….
Tu me dis d’une phrase toute simple :
« C’est pas si grave ».
Je sens que la phrase n’est pas exacte mais j’ai avant tout eu une sensation qui me traversa. Un poids qui partit loin pour me dire :
« adieu , je pars un peu plus loin pour ne plus t’importuner ».
Parfois, on se perd dans le monde et la vie à force de jouer à son jeu injuste.
Parfois on triche un peu pour en recréer nos règles. On lui dit pas au monde, il ne comprendrait pas. Mais on se les dis loin au fond de nous ces nouvelles règles.
Et cela crée un souvenir. Un souvenir joyeux.
Et ce souvenir j’essaye maladroitement de le partager dans ces mots.
J’essaye au travers de nos cages de solitude transmettre un petit papier avec écrit « tu as vu toi aussi ? ». Il est écrit en tremblant avec peu d’assurance, tout froissé.
Je sais que cela peut paraître idiot mais, ce jour là tu as mis dans ma besace d’individu brisé un morceau de souvenir joyeux.
Alors comme je ne sais ni vivre, ni communiquer, ni parler, je te confis ce texte qui n’a pas pour but de chercher de la reconnaissance. Mais de divulguer une joie. Une toute petite joie. Un coin de lumière auprès d’un ciel toujours brumeux.
Alors simplement :
Merci d’avoir posé un sourire dans mes souvenirs. Je me remets à reconnaître mes brisures.
Merci d’avoir remis mes brisures en mouvement.
Merci d’avoir remis le courant
C’est un peu bête ce que peut faire un simple hasard.
Mais ce hasard, je suis content de l’avoir croisé.
Ce hasard fut toi. Alors comme je ne sais que dire ça. Je te regarde comme tu m’as regardé avec tes yeux pleins d’émotions et je te le dis.
Merci infiniment.
Adrien/Alexandre/ Emile