Quand c’était la fin…


Ce soir ce clôt le chapitre d’une vie. J’ai cru transformer le monde en couleurs ardentes.J’ai étudié la peinture et le fonctionnement des molécules qui la composent même. Rien n’a bougé. Les murs sont toujours aussi gris, les volets toujours aussi noirs. Tout au mieux, j’ai pu entrevoir un regard furtif apparaître entre les fentes.
Je me retrouve dans ma maison, le vent froid vient effleurer mes pieds nus. Mes chaussettes sont troués, mes habits si beaux à l’époque se trouent un à un comme mon idéal.
Quelle idée d’avoir voulu partager des morceaux de ma petite bicoque avec d’autres égarés.
L’égarement est une maladie qui se ressens seule. J’ai eu pendant plusieurs mois des vagabonds solitaires qui crurent pouvoir partager leurs solitude. Ils furent persuadés qu’enfin, ils purent partager ce sentiment qui les bercent.

Il n’en fut rien.

Tout ce que je retiens, c’est le souvenir des cris et des hurlement qui s’entrechoquèrent sur les parois de ma solitude venant bousculer les fondements même de ma personne.

Je fus le témoin de leurs cris. Je fus le seul à voir la muraille qui les sépare tous.

Épuisé de ces hommes, je les fis sortir. Plus exactement, je sortis de ma propre maison en attendant qu’eux la quitte.

Enfin rentré, je me met à penser assis sur le vieux fauteuil qui ne me quitte plus. Je me dis que le ronronnement de ma solitude est plus agréable au ronron des hommes. Je crois, de mon expérience que la solidarité est un beau sentiment qui fonctionne tant que personne est traumatisé de l’homme.

Être solidaire, c’est croire en l’autre.

J’ai cessé de croire à ma naissance.

Il ne me reste qu’un gouffre, celui de mon silence, celui de ma liberté piégée. Il n’y à plus qu’a attendre que le reste m’emporte.

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