Huile


Et nous te rangerons dans les recoins de l’ailleurs….

il est 3h du matin. Cela fait plusieurs mois que j’ai oublié les phases correspondantes à mon rythme. Je me suis adapté à celui des autres pour ma survie émotionnelle. Seul mon clavier qui frappe chacune de ces lettres et le ventilateur de mon ordinateur vient déranger mon silence.

Le calme est total. Avant d’allumer l’ordinateur pour éjecter un peu les morceaux de ma tête. J’étais dans un silence total. J’ai calligraphié une phrase de Cioran : « Sentir le temps coaguler dans ses veines… »

Je l’ai touché le temps l ‘espace de l’instant. Je dirais même que je l’ai vu se solidifier lentement dans mon corps. Je l’ai retrouvé cet écoulement car depuis plusieurs jours je vois à nouveau.

J’ai repris une confiance qui n’est plus aveugle en ce que je ressens et je peux percevoir. Mes yeux sont encore mi-clos. Je vois encore flou. Mais je reconnais les couleurs qui jadis me tenaient éveillé.

Cette nuit je prend encore ce plaisir à retrouver ma solitude. J’ai éteins mon téléphone, mon fixe ne fonctionne plus.

Je ne suis joignable par personne.

Les seules activités qu’il m’est possible de faire sont d’inventer de nouvelles images dans mon esprit. Je peux les additionner, les soustraire, les multiplier dans d’infinis concepts. J’ai devant moi une plaine immense que je n’ai jamais vu. Je peux à nouveau décrire le monde tel que je le ressens sans me sentir contraint de le décrire comme eux le voit.

Dans mon placard je me sens libre d’inventer. Certain de mes amis ont une ambition, d’autres une carrières… je n’ai ni l’un ni l’autre. J’ai le plaisir de savourer chacune des pressions sur ce clavier.

Je trouve un plaisir à attendre. Je m’amuse des passants dans ma traboules qui à chaque fois m’amusent par leur commentaires nouveaux.

J’ai cherché pendant des années à décrasser un mécanisme rouillé contenue dans une usine. Je sais dorénavant comment l’activer.

Il me suffit d’attendre et de tendre l’oreille. J’ai toujours cru qu’elle était à l’arrêt.

Il suffit de s’arrêter et d’écouter.

Un simple cliquetis qui jamais ne s’est arrêté.

Tout simple… Tout doux.

Il est mon rythme.

C’est moi.

,

Laisser un commentaire