Chronique d’un ennuyé joyeux : Gloire à la dépression


Mesdames, Messieurs, Bienvenu dans la chronique d’un ennuyé joyeux. Chronique improbable aux sortie improbable et a la régularité aléatoire. Installez vous. Respirez bien, détendez vous Merci.

Mesdames, Messieurs c’est officiel, c’est aujourd’hui, nous le déclarons haut et fort : Tout se passe comme prévu. Pour la première fois du monde, la France entière à un rythme de vie partageant des convenances magnifique. Plus rien à redire, il est nécessaire de ne rien faire, l’activité est à bannir. Oh pardon il est vrai qu’il est conseillé de sortir pour faire son sport, c’est indiqué en noir sur blanc sur le papier de sortie gouvernementale. Et le gouvernement faut pas déconner avec. Je l’ai lu un jour écrit quelque part qu’on m’a dit je m’en souviens plus au fait.

Il faut sortir pour le sport qu’ils ont dit.

Mais entre vous et moi, les joggeurs font partit d’une race qui oscille entre le ridicule et le pathétique. Assortit de leur pantalon de sport moulant, leur porte téléphone sur le bras, paré a souffrir de long kilomètre pour se faire du bien. Rendez-vous bien compte : pour se faire du bien. Il ont l’air ridicules ne me mentez pas ! Avec leur petit cul certainement plus musclé que le mien et leur air en forme certainement plus que moi. J’aimerai les comprendre je vous jure. Sincèrement, sans volonté de me moquer. Presque. Je les voyait en meutes avant, par paquet de 10, de 20 et même de 50 courir en tas ordonné vers un parcours bien définit. Bien rangé, bien propret. Le petit joggeur faisait son petit tour, bien comme il faut.

Ils remplissaient mon paysage comme des vaches dans un pré. Ils étaient joli ces joggeurs dans le fond. Je regardait les allure, devinait s’ils en étaient a leur 2ème tour de parc ou au premier. Je supposais des raisons qui les poussèrent à courir ici. Certain pour perdre du poids visiblement, d’autre pour se mettre en forme comme des petit hamster. On devinait sous le T-shirt parfois humide des corps que nous aurions volontiers caressé. Le genre mignon quoi.

Et puis, Ça repose quand on ne fait rien le joggeur. Il passe devant vous plus moins vite et il souffre pour son bien lui. Nous on est dans l’herbe. On a une petite brise fraiche qui vient taquiner nos naseaux. Un peu d’eau qui clapote non loin si on est vers un étang. Ou des petits enculés de fils de pute de sa mère qui jouent avec leur ballon a trois mettre de ma tronche et qui ont du confondre la civilité avec du papier toilette.

Et le joggeur il est là à faire son tour le sourcil bien froncé. Il a un but, lui. Et moi pas, tranquille, assis dans l’herbe.

Et ça mesdames et messieurs, ça, c’est reposant. Je ne souffre actuellement pas, et lui actuellement oui. Je ne fais rien et lui oui. Je me branle la bite à ne rien faire et lui il se casse le cul à faire. Comprenez vous cette comparaison de souffrance simple. Il fait un effort et moi pas. Petite comparaison qui rend bien et qui fait rentrer chez soi avec un sourire large comme ça. Ne me blâmez pas. C’est classique et même commun ce petit besoin de rassurer sa propre misère en contemplant celle d’autrui. Je suis un peu honnête c’est tout. Puis ce mépris que j’ai. Il est bienveillant. Je me dis «  mon petit père qui cours, mon dieu que tu semble bête, mon dieu que cela semble fatiguant ta vie. Pauvre de toi, l’herbe, la quiétude est à trois mètre de toi. Tu as un banc là avec ce beau paysage et toi là, tu cours. Pauvre de toi.  ». La compassion du mépris, y a que ça de vrai.

Mais aujourd’hui quand je les observes ces joggeurs je me sens triste. Je les vois depuis ma fenêtre

Je les vois errer seul dans dans des rues désertes. Et ils font ridicules tout seuls, comme des cons, à souffrir dans la lumière véritable du dehors que je ne vois plus. Ils font même triste. On le plaint ce gars qui cours. On a une foi presque chrétienne qui monte dans notre cœur. On prierait presque pour cet homme courageux et solitaire. Il est seul face à sa quarantaine et il tient bon son activité. Le con.

Je suis au chaud chez moi et je le vois par ma fenêtre, il me fait de la peine. Il transpire. On a envie de le faire venir chez soi. On a envie de lui offrir un truc à boire pour réduire sa peine au gars qui court. Seul. Dans cette rue, vide. Avec rien autour.

Il me rendent triste.

Mais revenons en à aujourd’hui, jour de quarantaine, où les gens, la France, que dis-je le monde entier est dans l’idée de rester chez soi. Je le dis encore : pour la première fois le bien est s’est tourné vers l’intérieur et vers chez soi. Le bien-être ne peut exister que chez soi. Enfin  bon dieu ! Enfin rien foutre est dans la morale générale. Allelulllia ! Même les mœurs changent.

Je ne suis plus un taciturne quii ne sors pas. non ! Je suis un bienfaiteur de l’humanité car je ne vous contamine pas de ma présence ! Ma blancheur et mon teint hâve et famélique n’est plus un mal non ! Cela démontre mon dévouement a la patrie ! Je ne suis plus un misantrhope non, je suis un protécteur universelle de l’humanité. Putain c’ est beau. Je devrais faire poète.

Et le dépressif, il est ravis ! Il n’a plus à culpabilliser de ne pas sortir il doit rester chez lui. Le monde implore qu’il reste chez lui et qu’il se repose à jamais dans ses draps peu lavé. On lui dit bravo, on lui dit continue comme ça mon gars et du haut de sa couette, le dépressif est content, il esquisse un petit sourire timide. Car le dépressif est toujours timide au fond.

Et avec ces discours ; il se dit qu’il ira loin dans la vie. Au moins je ne sais pas… Jusqu’a là en dehors du lit vers ce coin de mur la bas qu’il n’a pas visité depuis longtemps.

Et surtout mes amis, surtout : le monde l’encourage à faire ce qu’il n’osait faire depuis le début : ne rien faire. Il peut enfin se vautrer dans l’inactivité sans qu’on lui dise rien. Avant l’ère de la quarantaine, le dépressif devait se cacher un peu honteux pour rester chez lui. On le disait triste car il ne sortait pas. Il devait trouver milles prétextes pour esquiver un ami lui proposant de sortir. Il devait innover dans milles excuses pour ne pas à avoir a supporter le monde. Car l’ami,le proche ne comprenais presque jamais que sa présence simple emmerdais le dépressif. L’ami ne pouvait pas mettre son égo immense de coté et se dire que si le dépressif était bien seul, qu’il le reste. Non. L’ami à l’égo qui tapait dans les étoiles et ne pouvait supposer que sa sacro sainte présence était le sommet de l’emmerdement pour le dépressif.

Et le dépressif le savait qu’il ne fallait pas trop toucher le sacro saint égo qui touche les étoiles de son ami. Il ne voulait pas percer le ballon souvent trop gonflé dégo de son ami. Il est gentil le dépressif, plutôt poli. Il savait que l’autre se prennais pour jupiter. Si le dépressif le regardait et disait « vous m’excuserez mais j’ai un besoin irrépressible de me passer de vous et du reste du monde, alors je ne vous verrais pas ». L’ami la plupart du temps ne comprenais pas et était triste. Pire, il s’énervait. Parce que l’ami était certain d’être la meilleure compagnie du monde. Persuadé que quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse. Son rayonnement fut tel que sa simple présence suffisait à illuminer le monde. C’était un gars joyeux l’ami.

L’ami était un chien trop joyeux qui viendrais vous baiser la jambe alors lorsque vous dormiez. Et il fallait prendre soin de l’ami. Car même si l’égo du copain était a préserver il était chouette d’avoir ce genre de machin à ses coté quand on voulait un peu de l’humanité. On était un peu content de les avoirs ces machins.

Mais le dépressif il la voulait sa tranquillité, il aurai aimé le pousser ce grand soleil de copain et se mettre dans un coin à l’ombre. Pénard. Sans déranger. Qu’on lui fout la paix. Mais Personne ne se comprennais et l’ami perdai de son rayonnement car il voyait bien qu’il faisait de l’ombre et le dépressif faisait encore plus d’ombre car il n’était pas tranquille et pensais rendre triste le copain. Bon.

La plupart du temps, ce genre de scène banale aboutissait à deux types qui partaient chacun dans leur coin un peu plus triste qu’avant. L’allure bancale et le visage fermé car aucun des deux n’avait pu vraiment se comprendre.

Mais aujourd’hui mes amis. Aujourd’hui tout es différent ! Tout ! Et ce grâce à ce simple et unique facteur : Vous devez rester chez vous. Ce simple facteur qui change absolument tout !

Plus de rapport social et il est dorénavant supprimé !

Plus de problématique de visites ! Elles sont supprimé !

Plus d’égo à polisser ! Ils n’existent plus !

Plus de dehors ! Plus de monde !

Dehors c’est le mal !

Je ne suis plus le seul à le dire.

Enfin ! Bordel de nom de dieu. Enfin !

Dépressif ! Vous voilà guérit de la plus grande des peine : vous n’avez plus à culpabiliser de votre inactivité. Vautrez vous dans le rien. Sautez dans la flaque du néant à pied joint. Etalez votre ennui de l’existence bien partout. Vous pouvez enfin être vous même. Personne ne vous en empêchera. Personne pour sentir vos slip salle, vos cheveux gras. Personne. Liberté mes ami liberté !

Et si vous vennez à douter, premièrement félicitation car vous avez un esprit critique et deuxièmement, Vous êtes le saint graal du monde, l’humanité vous admire car vous êtes les seuls capable de regarder un plafond des heures sans être impacté par la moindre distraction. Vous êtes les seuls qui tiennent cette quarantaine haut la main car personne n’égal votre temps de sommeil. L’ennui pour vous est une blague car vous la vie vous ennui depuis le début.

Vous êtes les idoles de ce temps suspendu car vous êtes les seuls à vous pendre à l’ennui. Vous êtes ceux qui bien avant que le monde se repliait chez lui, vous transcendiez le silence et l’introspéction en art. Et alors que le monde s’effondre aujourd’hui à découvrir sa propre solitude, unique, grande et universelle. Vous êtes déjà au stade suivant : savoir quoi foutre de cette bon dieu de bazard de solitude de cré nom.

Vous êtes beau à ne rien faire. Vous êtes nos dieux modernes

Vous êtes ceux qui ont compris.

Alors comme les médecins que nous applaudissons à 20h

Je n’ouvre pas ma fenêtre, je vais dans ma couette, je la remonte jusqu’au cou et je vous applaudis.

Vous êtes l’avenir allongé de ce monde.

Vous êtes fort comme un futur macchabée.

Bravo.

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