Décrire le vide donc décrire mes sensations est, il me semble, l’exercice le plus difficile auquel j’ai été confronté. Depuis que j’ai commencé la mise à mots de mon cerveau, il y eu que des mots fluides et tendre qui en sortaient. Me voici aujourd’hui à m’attaquer au principal nœud. J’ai pu au fil des derniers mois lui mettre une sensation. Un terme. J’ai pu suivre le flux lent de mon esprit et identifier la plupart des molécules qui le composent. Je peux après peu d’observation savoir quelle est l’origine de quelle particule. Je sais presque tout.
Je me retrouve pourtant incapable d’identifier le principal. Ce vide. Il est impossible à décrire. Les mots ne sont pas complets, les phrases non plus. Aucune connexion neuronales supplémentaire peuvent terminer ce silence.
Je me retrouve au milieu d’un champ avec en son centre une petite dalle. Cette dalle était mon ancienne prison. Je reconnaissait tout les murs et toute les moisissures. Je les ais fais s’écrouler sur eux-mêmes. Je suis seul au cœur du reste, je vois enfin au travers des collines. Je peux y voir un petit arbre au bout avec quelques branches. Rien de plus. A ma gauche peut-être une rivière. Ça ne m’intéresse pas.
J’ai encore dans mon nez l’odeur chaude âcre et rance de ma chambre. Je pourrais respirer ce nouveau champ mais je suis tétanisé à l’idée de l’inhaler.