Nuit


 Je retrouve ma vie nocturne, légèrement coupé des hommes. J’ai pris cette nuit pour ne pas a entendre le fracas de la machine en demi-mouvement encore attachée à son lendemain comme une fourmis à son chemin.

  J’ai laissé la proximité sombre de la nuit recentrer mon regard vers mes propres mains, mon propre corps. 

Je fus surpris de reconnaître en cette chair un vieil ami.

 Je vais dormir tout le jour, l’âme lointaine avec au creux de mon lit quelques livres aux mots chauds et justes.  Le monde diurne glissera sur les plumes de mon duvet. Je rêverais les journées les plus illustres, les plus atypique et originales que eux, hommes réveillés ne pourront même supposer. Je construirais en une nuit dans mon sommeil ce que eux fabriquent en une vie.

Je serais libre de vivre le temps de ma petite mort pendant que eux tueront leur petite vie.

Je me réveillerai pendant que eux, dormeur actifs, somnoleront devant leur fin le sourcil lourd et fatigué d’un quotidien filandreux

 Je connaîtrais le temps d’une nuit, le temps d’une vie, la saveur de la fuite.

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